Triton 2 : le retour

Pour être tout à fait honnête et faire contrepoids à ce titre provocateur, il faut commencer par reconnaître que c’est l’équipe municipale actuelle qui est à l’origine du redressement des comptes de la ville après que le fiasco du Triton l’ait amenée au bord du gouffre. Non que la solution fût complexe à élaborer (meilleure gestion, économies drastiques et hausses très importantes d’impôts), mais il fallait la volonté et le courage politique de le faire. Ce fut fait, bravo !

Cela étant dit, la potion fut amère ! La douceur de vivre se paie et, finalement, pourquoi pas ? Nous sommes sans doute tous ravis d’avoir une ville propre où le niveau de délinquance reste sous la moyenne nationale, même si elle prend parfois des formes graves comme nous avons pu le voir récemment.

Alors, lorsque la municipalité a dévoilé ce projet démesuré d’implantation d’un centre commercial Leclerc à la gare je me suis sincèrement demandé : pourquoi ?

Un centre commercial ainsi situé est la mort assurée du petit commerce de centre-ville aussi bien à Yerres qu’à Mongeron. C’est également la mort de l’Intermarché qui vient juste d’être agrandi (et d’ailleurs pourquoi avoir autorisé cet agrandissement si c’était pour implanter un Leclerc à 500 m quelques mois plus tard ?). C’est enfin le remplacement d’un espace ouvert sans grand risque d’insécurité par une galerie marchande aux pieds d’une gare qui attirera, comme partout ailleurs, une faune indésirable.

En bref, c’est la fin d’une bonne partie de notre douceur de vivre.

Cette constatation absurde que ce maire, M. Nicolas Dupont-Aignan, veuille construire sur sa ville quelque chose qui nuira à ses principes est sans doute responsable de l’incompréhension de nombreux Yerrois.

Elle était sans doute la raison pour laquelle, lors du conseil de quartier qui a eu lieu aux Camaldules, les personnes présentes ont très majoritairement fait part de leurs inquiétudes et exprimés tout haut un certain nombre de questions importantes que nous relayons sur ce site.

Il faut croire qu’une fois arrivés à un certain temps de pouvoir, les élus connaissent l’envie de construire. François Miterrand a eu sa grandiloquente bibliothèque dans laquelle il est difficile de ranger des livres ; à son échelle, Yerres aura son centre centre commercial de centre-ville.

Dans ce contexte, l’expression «Triton 2» donnée par un participant plein d’humour lors de ce conseil de quartier exprime peut-être le désespoir de voir l’histoire prendre une tournure absurde.

D’un point de vue financier le futur projet de la gare ne sera sans doute pas l’équivalent du Triton ; concernant la physionomie de notre ville, il risque d’être pire.