La politique s’invite dans le bras de fer contre Leclerc

Laurent Degradi signe un nouvel article sur le projet de la gare que nous reproduisons ci-dessous :

Les commerçants refusent l’arrivée d’un supermarché

Les échanges ont encore été vifs entre le député-maire (DLR) Nicolas Dupont-Aignan et une partie de ses administrés lors des conseils de quartier ce week-end. L’implantation prochaine d’une galerie commerciale Leclerc dans le cadre de la réhabilitation du quartier de la gare attise les passions. Un collectif de défense baptisé « Le Chêne » s’est même formé à l’initiative de Daphné Ract-Madoux, candidate pour le MoDem lors des dernières élections législatives sur la 9e circonscription de l’Essonne.

« Je ne comprends pas la position du maire. Il a voté en 2011 contre le projet d’agrandissement de 4000 m2 d’Auchan Val d’Oly qui est à 5 km de Yerres au motif que cela allait tuer notre commerce de proximité », dénonce celle qui sera très probablement candidate sur la ville lors des prochaines municipales.

Face à cette vague de protestation, Nicolas Dupont-Aignan a joué l’apaisement ces derniers jours. « Le projet n’est pas bouclé, nous privilégions la concertation », a-t-il rappelé vendredi soir en conseil de quartier tout en défendant l’arrivée d’une nouvelle surface commerciale sur sa ville. « Intermarché dispose d’un monopole sur la commune, c’est unique pour une ville de 30000 habitants en Ile-de-France. Il faut une concurrence ainsi qu’une diversification de l’offre à Yerres dont la majorité des habitants vont faire leurs courses ailleurs. Leclerc s’est engagé à ne pas ouvrir le dimanche matin pour favoriser les commerces locaux. Le choix des boutiques qu’il hébergera se fera en accord avec la ville. » Ce dernier point est loin de convaincre les opposants au projet. « Une fois que Leclerc sera installé, il fera ce qu’il veut avec ses boutiques », s’inquiète Isabel Sequalino, présidente de l’association des commerçants.

Retrouvez cet article sur le site du Parisen.

Encore un conseil de quartier animé …. sur le projet de la gare

Réunion publique gare concy godeaux

Ce soir s’est déroulé le conseil du quartier Gare-Concy-Godeaux auquel étaient présents, de nombreux yerrois, dont des commerçants de notre centre ville. Une grande partie de la salle était désappointée avec une sensation désagréable d’un projet complètement bouclé pour lequel la concertation n’est qu’un mot vide de sens.

Encore une fois, les chiffres et les arguments développés étaient souvent erronés ou peu précis, comme le nombre annoncée de places à la gare (cf. article sur le parking) 280 places au lieu des 313 supprimées par le projet alors que 375 voitures s’y garent chaque jour ! ou l’étude de trafic encore demandée par un yerrois, : demande restée sans réponse…. ou le nouveau « petit giratoire » prévu, qui ne pourra se réaliser qu’à la condition que le propriétaire de la maison située à l’angle, rue de Concy vende sa maison !

La grande question que toute la salle se posait : pourquoi mettre un centre Leclerc à la gare ? Et cela au risque de tuer nos commerces de proximité ! Nous n’avons toujours pas eu de réponse convaincante. Surtout lorsque l’étude commerciale commanditée par la ville en 2005 (cabinet AID) privilégie (++) clairement un programme moins ambitieux avec une supérette et quelques commerces car une nouvelle moyenne surface, de part la proximité de la moyenne surface existante, la mettra en péril et que c’est en centre ville que l’on préconise de développer les commerces d’équipements à la personne et de la maison pour équilibrer l’ensemble. Alors oui en 2005 94% des yerrois allaient acheter leurs vêtements ou décoration à l’extérieur de Yerres, mais ils continueront à la faire, à cause de l’attractivité des pôles existants en ile-de-france contre laquelle on ne peut pas lutter. Mais en alimentaire l’évasion commerciale est bien plus faible (60%) et c’est l’offre nombreuse à Montgeron, Boussy ou Brunoy qui joue dans ce cas là.

Alors pourquoi la mairie qui s’appuie à chaque réunion sur le pourcentage d’évasion commerciale sur la ville issue de cette étude de 2005,  passe étrangement sous silence tout le reste de cette étude pourtant très claire ! Pour vous faire une idée par vous même, vous pouvez télécharger l'étude commerciale ici.

On nous rétorque que si l’on supprime le Leclerc, le projet n’est plus équilibré financièrement ! C’est faux. Un projet d’aménagement comme celui-ci se construit avec un bilan financier dépenses – recettes que l’on peu faire varier. Si on supprime des commerces pour ne garder q’une supérette, quelques commerces non concurrentiels et une brasserie, alors il faut ajouter par exemple des logements dont la vente équivaudrait à la diminution des commerces.

Monsieur François Durovray, a alors expliqué que cette surface en arrière de la rue de Concy ne peut être remplacée : c’est encore faux ! Il y a toujours des solutions, comme de remonter une partie du parking en sous-sol afin qu’il coûte moins cher et retrouver une partie de bâtiment ailleurs…. C’est toujours une question de contraintes, d’aménagement et d’options qui bougent…… Et lorsque l’on affirme mettre tout en oeuvre pour concerter, alors il faut aussi envisager la possibilité de remettre le projet en question et pas seulement à la marge !

Gardons notre douceur de vivre.