Le Maire avait tort et il le reconnaît

Le parking de la Gare

Ce matin à la gare RER de Yerres, le collectif du Chêne a distribué son second document sur le projet de la Gare. De nombreux usagers de la gare l’ont pris, sont venus le demander et lorsqu’ils avaient le temps, engageaient la discussion avec les membres du collectif. 800 tracts ont ainsi été distribués en 1h ! Victimes de notre succès, nous avons dû arrêter notre distribution pour ce matin….

Retrouvez ci-après le document qui récapitule d’un côté les principaux éléments d’analyse  du projet qu’a effectué le Chêne et de l’autre une critique rapide du « nouveau » projet proposé par la mairie. Les avancées annoncées ne changent rien à la cause des problèmes de circulation, de stationnement, de budget de fonctionnement, de risque commercial et de sécurité engendrés par ce projet.

Télécharger le document distribué ce matin

On le voit bien, les usagers du RER qui se garent tous les jours sur les parkings et aux environs veulent plus de places, à un prix abordable et veulent pouvoir entrer et sortir sans prendre plus de temps qu’à l’heure actuelle.

Le projet n’est satisfaisant sur AUCUN de ces points : jusqu’à 399 voitures se garent actuellement sur le parking principal et le nouveau parking est de 400 places = PAS de places en plus ! Si le prix annoncé de 10 euros par mois pour se garer paraît abordable, c’est tout de même presque dix fois le prix actuel et le solde du coût d’entretien du parking sera inévitablement à la charge de la ville ! Nous n’avons toujours aucun détail sur la politique de tarification entre le parking et les rues avoisinantes. Le projet propose une sortie de parking avec 2 barrières, au même endroit que la sortie du centre commercial et sur la même rue que les livraisons, les parkings des logements, de la crèche et des bureaux ! Que d’embouteillages en perspectives.

La Mairie n’a malheureusement ni répondu à toutes les questions, ni remis en cause la présence du Centre Leclerc qui induit la plus grande partie des problèmes précités. Le collectif du Chêne va donc continuer son travail et vous proposera prochainement des projets alternatifs et équilibrés financièrement pour l’aménagement du secteur de la gare.

Qui veut d’un Leclerc à Yerres ?

Nous reproduisons ici un article de Manuel Perreux en date du 18 avril dernier sur le site essonneinfo.fr. :

Le réaménagement du quartier de la gare prévu depuis dix ans fait polémique, avec l’arrivée d’un centre commercial qui divise la Ville et ses commerçants.

En 2003, la patinoire fermait et le quartier de la gare était sujet à rénovation. Dix ans plus tard, on n’y trouve qu’un parking délabré et surchargé en attente de mieux. Pourtant, le projet est loin d’être enterré.
La municipalité de Yerres prévoit en effet de développer un nouveau pôle public-privé qui comprendrait une centaine de logements, une agence Pôle Emploi, une crèche, et surtout une surface commerciale de 4 500 m² composée d’un centre Leclerc de 2 300 m² et de plusieurs boutiques.

Si la nécessité de réhabiliter la zone fait l’unanimité, l’idée d’une nouvelle surface de vente est vivement débattue, dans un département où les centres commerciaux sont déjà nombreux. C’est ainsi que le collectif Le Chêne Yerres s’est créé en février pour empêcher la mise en place de ce nouveau centre, avec à sa tête Daphné Ract-Madoux, architecte-urbaniste qui avait travaillé sur le projet d’aménagement en 2003.

« Cette surface est bien trop grande, il n’y a que dix mètres entre la gare qui est sur une butte et la rue qui est trois étages en-dessous. La zone sera trop restreinte, trop condensée. Une étude faite par la Ville de Yerres en 2005 démontre par ailleurs qu’une telle superficie commerciale est inadaptée à une offre déjà satisfaisante. » Pour preuve, le maire Nicolas Dupont-Aignan avait refusé à la même époque le déménagement du magasin Intermarché sur la zone de la gare jugeant le projet trop conséquent en terme de taille.

Parmi les collaborateurs du Chêne se trouve l’association des commerçants de la ville, composée de 92 magasins. « Ce projet détruit un rythme de vie, s’inquiète Isabel Sequalino, présidente de l’association. Nicolas Dupont-Aignan veut conserver une certaine idée du bon-vivre, et à côté il veut développer un projet qui met à mal le commerce de proximité. Leclerc va se donner les moyens de se faire connaître, on peut craindre à des fermetures d’enseignes dans le centre-ville et au-delà. » Un avis que partage Christophe Herrio, directeur du magasin Intermarché et membre de l’association : « C’est inquiétant pour nous car une surface d’une telle taille va créer un pôle d’attraction. Il est aberrant d’installer deux centres commerciaux de taille équivalente à 300 mètres de distance, d’autant plus que nous avons fortement investi pour moderniser le magasin il y a à peine deux ans. Ça risque de faire baisser notre chiffre d’affaires et d’avoir un impact sur l’emploi. Le fait de créer une nouvelle structure ne va pas foncièrement changer l’offre et augmenter la clientèle. »
« Rendre la ville attractive »
Du côté de la municipalité, on comprend mal la réaction d’opposition au projet. « Cette surface de 2 300 m² est un projet de longue date, rappelle Véronique Thiebaut, directrice du cabinet du maire. Les habitants n’utilisent que 20 % de leur pouvoir d’achat sur Yerres alors qu’on devrait atteindre le double. »
Contrairement aux inquiétudes des commerçants, l’équipe municipale pense que l’arrivée de l’enseigne Leclerc favorisera l’émulation. « Nous voulons rendre la ville attractive : répondre aux besoins des Yerrois chez eux, et potentiellement attirer des visiteurs, ce qui permettrait de rapprocher le centre-ville de la gare. »

La question de la circulation autour de la gare est également posée, notamment en terme de places de parking. Pour le directeur de l’Intermarché : « Ni les usagers de la gare, ni les riverains ne trouveront leur compte. » La mairie, elle, annonce un flux équilibré entre le parking privé et l’autre public, selon l’affluence en semaine et le week-end, ainsi qu’une circulation plus fluide avec la création d’un rond-point.

Cette polémique autour de la gare de Yerres cache également un enjeu politique. Si Nicolas Dupont-Aignan a été élu lors des deux dernières élections municipales avec une facilité déconcertante (plus de 75 % des votes dès le premier tour), rien ne dit que ce conflit avec ses habitants ne va pas lui coûter une partie de ses voix l’année prochaine.
D’autant plus que la porte-parole du collectif Le Chêne est également représentante nationale du Modem, et pourrait jouer un rôle dans ce scrutin : « S’il faut aller au combat, on ira. C’est ma responsabilité du fait de ma connaissance du sujet, et ça se traduit par mon engagement politique. »

La municipalité souhaiterait faire débuter les travaux début 2014, même si, à l’heure actuelle, aucun permis de construire n’a été signé, et que le contenu de la galerie commerçante n’a pas encore été décidé. Les opposants continuent, eux, de penser que Nicolas Dupont-Aignan changera d’avis quant au projet global. Le débat pourrait bien durer encore longtemps.