Parking et mécanique des fluides

Ne vous êtes-vous jamais posé la question de savoir comment se forment les bouchons sur les autoroutes ? D’instinct nous sentons tous que le bouchon a deux causes : l’affluence supérieure à la capacité de la route et la présence d’obstacles (accidents, manifestations, travaux, carrefours, péages…). En bref, pour éviter qu’un bouchon ne se forme, il faut que le flot de véhicules s’écoule le plus régulièrement possible avec un débit suffisant.

Que les causent en soient connues n’empêche pas de se sentir impuissant et énervé lorsque le phénomène se produit alors que vous vous trouvez sur un axe dont vous ne pouvez pas sortir.

J’ai pris la photo ci-dessous il y a un peu plus de 15 jours, à Roissy, à une heure de forte affluence dans une situation idéale pour la formation d’un bouchon : un péage sous-dimensionné au bout d’une route qui ne laisse passer qu’un véhicule à la fois, en pente (donc avec des démarrages successifs, des gens qui hésitent…).

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Regardez bien cette photo, car c’est très exactement ce qui va arriver le matin et le soir, à Yerres, dans notre futur parking de la gare caché au sein du beau bâtiment de notre futur « deuxième centre-ville ».

Une seule entrée et une seule sortie pour 400 véhicules qui arrivent et partent tous sur une période resserrée cela ressemble à la situation que vous constatez sur ce cliché. Toutes les conditions pour que cela se passe mal sont hélas réunies : un axe unique, contraint, peu large, soumis aux incidents (personnes qui mettent du temps à se garer, à sortir, à trouver leur carte pour payer…).

Je sais ce que vous allez me dire. Pourquoi est-ce qu’en dépit de l’anarchie constatée sur la parking actuel les gens s’en sortent à peu près ? La raison en est simple : la désobéissance civique. Les conducteurs ne respectent tout simplement pas la signalisation et le matin ce parking compte trois entrées et le soir trois sorties. Ainsi, le remplissage et l’évacuation sont plus fluides.

Je suis désolé de dire à Monsieur le Maire que malgré les améliorations cosmétiques qu’il a apportées à son projet de la gare, ce dernier subira inévitablement les lois de la physique qui se moquent des discours politiques et ont le mauvais goût de produire toujours les mêmes effets à partir des mêmes causes. Préparez-vous donc à prendre un RER plus tard que prévu le matin et à appeler la nounou pour lui dire que vous serez, comme hier, un peu en retard à cause du bouchon de la gare.

Au Chêne-Yerres nous essayons d’être à la fois respectueux et conscients de notre environnement ainsi que des lois qui le régissent. Pour ce quartier de la gare et pour tous les Yerrois qui ne veulent pas d’un grand centre commercial inutile et nuisible à cet endroit, nous travaillons d’ores et déjà à plusieurs contre-projets réalistes et fonctionnels pour que la qualité de vie reste l’avantage principal et la fierté de notre ville.

La vraie histoire du projet de la gare dans le journal des yerrois

Il nous a paru intéressant de revenir en arrière sur toute la « vraie » histoire du projet de la gare qui a débutée il y a de cela 10 ans. Et oui, 10 ans et non pas 7 ans comme l’annonce aujourd’hui la municipalité ! C’est bien en janvier 2003 que les yerrois se sont prononcés sur le sort de la patinoire par référendum :

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Le stationnement est déjà une préoccupation pour les usagers et les riverains.

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Les études sur le quartier de la gare pouvaient débuter, selon Mr le Maire, sur « ce second coeur de notre ville ».

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Le programme comprenait alors un parking de stationnement, le marché, des équipements publics (gymnase, crèche…) et des commerces de proximité et s’équilibrait grâce à des recettes et des subventions.

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Une étude de stationnement est lancée (Bet CODRA) pour faire un bilan de la situation existante et définir les besoins pour le nouveau parking. Une étude a été également confiée à 3 architectes pour faire des propositions à partir de ce programme. N. Dupont-Aignan disait que :

« La question de la circulation et du stationnement constitue de l’aveu de tous, un enjeu crucial : pour les riverains, qui subissent un stationnement anarchique invivable, pour les usagers de la gare, qui ne trouvent jamais de place. »

et cela est loin de s’être amélioré aujourd’hui et d’être résolu avec ce nouveau projet….

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Le marché est transféré « provisoirement » (pour 2 ou 3 ans !) aux Rives de l’Yerres, le 29 juin 2003. Un provisoire qui dure, qui dure….

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Une réunion de concertation avec les habitants du quartier sur l’aménagement du quartier de la gare s’est déroulée le 28 avril 2003 et elle est relatée dans le journal du juin 2013. Les travaux de démolition de la patinoire se sont déroulés entre le 3 juin 2003 et août 2003.

Je donne raison au Maire qui déclarait alors « Nous prenons une décision qui nous engage pour 50 ans, il ne faut pas se tromper ! ». Ceci est plus que jamais valable aujourd’hui.

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L’étude sur les usagers de la gare et du stationnement est présentée dans le journal de juin 2003. N’hésitez pas à lire la page 11 avec la synthèse de cette étude du CODRA, c’est très intéressant.

Les chiffres clefs : 862 voitures garées pour la gare dont 648 en un lieu payant, 351 places sur 4 parking, mais avec la patinoire encore existante, donc moins de places qu’actuellement ! 18,5% des voyageurs sont venus en voiture, soit 950 personnes garées sur les parkings et dans les rues, le taux de saturation du parking est de 111% ce qui signifie que déjà des voitures stationnent en dehors des places marquées !

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A vous d’en tirer les conclusions qui s’imposent sur les chiffres de stationnement annoncés aujourd’hui, en 2013, par la ville… Et personne ne peut dire que la situation ce soit améliorée !

En septembre 2004, la ville annonce que les études d’architectes vont durer plus longtemps que prévu et donc 100 places vont être réalisées sur l’emprise de la patinoire démolie. Ces projets d’architectes seront soumis à la concertation des yerrois avant d’être approfondis.

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Puis c’est le café de gare qui va être démoli et le terrain intégré au projet de la gare qui s’étoffe et comprends différents équipements publics et des programmes privés (bureaux, commerces, logements et nouveau bar-brasserie).

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Le café de la gare a été démoli en 2005 et c’est aussi en 2005 qu’est paru le résultat de la « Grande Enquête 2001-2007″ qui a permis à la mairie de définir « les grands défis à l’horizon 2015″. Et en page 11,  le défi du commerce est exposé clairement « le commerce de proximité est essentiel dans une ville car c’est autour de cette activité commerciale que se crée la vie de nos quartiers. »

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Après 3 années d’études et d’élaboration du projet et suite à la première concertation de 2003, une nouvelle concertation est organisée au printemps 2006 : exposition dans un bus sur le parvis de la gare avec une maquette, questionnaire pour récolter l’avis des habitants sur certains points précis comme le retour du marché sur ce site.

Les commerces ont toujours été présentés entre 2003 et 2006 comme des « commerces de proximité ».  Le déplacement de l’Intermarché sur ce site a été étudié en 2003 et en 2006, mais la mairie n’a pas souhaité donnée suite car le programme, pourtant plus faible que le projet actuel intégrant le Centre Leclerc, était « trop massif ».

Télécharger le livret de concertation de 2006.

Le résultat de cette concertation est publiée dans le journal de septembre 2006. Le programme est alors précisé : 400 places de parking, 6000 m2 de logements avec une partie de logements sociaux pour la SEM Habiter à Yerres, des bureaux, le marché, une crèche, un hôtel de 40 chambres, une place publique, des commerces de proximité avec une brasserie et un second giratoire rue de Concy (12 400 m2  de surface hors parking). Les permis de construire devaient être déposés au second semestre 2007 pour des travaux entre 2008 et 2010. Mais la ville a préférée encore une fois repousser ce projet…. le contexte économique en 2008 a sûrement été défavorable au montage de ce projet très tendu pour rester à l’équilibre financier.

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Après 7 ans de réflexions….  le projet de la gare ressort maintenant, en 2013 avec un dossier dans le journal des yerrois de février. Malheureusement, le dossier n’était pas très précis et a nécessité que le collectif du chêne-yerres explique ce projet et les dysfonctionnements engendrés en terme de circulation, de stationnement, de sécurité et surtout de programme avec le Centre Leclerc et sa galerie marchande.

Les plans du projet ont été présentés dans le mini-bus municipal les 22, 23 et 24 février et nous les avons photographiés pour les étudier et avoir une meilleure compréhension de ce projet complexe avec de grandes différences de niveaux entre la rue de Concy et la place de la gare (plus de 10m).

Télécharger le dossier du journal des yerrois de février 2013.

Le programme développé dans ces plans est le suivant : surface totale hors parking de 16 200 m2 (12 400 m2 en 2006) avec 138 logements dont 33 logements sociaux, une crèche de 40 berceaux, une brasserie, le pôle emploi, un Centre Commercial de 4500 m2 (2300 m2 de moyenne surface, 700 m2 de mail commercial et 1500 m2 de boutiques) et plus 1000 m2 de réserves et de laboratoire avec une place publique de 2200 m2 et la rue louis Armand déviée.

Retrouvez sur notre centre de téléchargement l’ensemble des documents que nous mettons à votre disposition.