Ouvrons un vrai débat

Cette semaine est apparu dans la boîte aux lettres des Yerrois un tract de M. Nicolas Dupont-Aignan et des élus de la majorité municipale. Ce tract, réponse à la lettre du collectif du Chêne Yerres appelant à protester contre le projet démesuré de la gare, est tout simplement une calomnie.

Comme vous pouvez le constater par la présence des documents techniques, études et tous les autres documents sur ce site, notre but est justement d’ouvrir un débat et nous espérions avoir des réponses plus honnêtes, plus techniquement élaborées, aux questions précises (et souvent appuyées par des chiffres) que nous avons posées.

Cela dit, intéressons-nous à ce tract.

Tout d’abord, nous souhaitons rappeler à M. le Maire que donner son avis sur un projet n’est pas uniquement dire oui ou non à ce projet. Donner aux Yerrois le choix ce serait tout d’abord leur donner le choix dans les grandes options du projet. Demandons-leur par exemple s’ils veulent réellement d’un centre Leclerc à la gare (à moins de 500 m de l’Intermarché actuel) ou pas. En quoi poser cette question remet-il en question tout projet pour la gare ou remet-il en cause d’autres aménagements faits par la municipalité ? Après tout, il existe d’autres projets viables et la municipalité en a d’ailleurs étudié d’autres.

Dans ce cadre, pourquoi les Yerrois ne pourraient-ils pas donner réellement leur avis sur les points clefs du projet, ou à tout le moins ne pourraient-ils pas en débattre ? Est-ce de la caricature que de dire qu’il existe d’autres grandes options que celle présentée ?  Est-ce de la mauvaise foi que de dire que le projet en l’état pose des problèmes patents de circulation et de sécurité ? Ce n’est pas parce que le projet tel qu’il est proposé n’est à notre avis pas viable qu’il n’est pas améliorable même s’il faut pour cela revoir ses bases en profondeur. Mais pour commencer il faut accepter d’en parler et ne pas traiter de caricature tout ce qui n’est pas en accord avec soi et renier par la même tout débat.

Inversement, nous avons été surpris par les allégations contenues dans ce tract. Comment peut-on oser faire croire aux Yerrois que de rajouter 500 m2 à un supermarché existant est la même chose que d’ouvrir une nouvelle surface de vente globale de 4500 m2 ? L’une des deux moyennes surfaces mourra. Est-ce cela la saine concurrence promise ? Comment oser redire que les nouveaux aménagements apporterons 120 places de parking aux Yerrois alors que nous avons été recompter la semaine dernière les 313 places de parking existantes (matérialisées au sol) qui disparaîtront avec le projet et que 400 moins 313 n’a jamais fait et ne fera jamais 120 ? Et encore une fois, ce n’est pas le nombre de places qu’il faut compter mais bien le nombre de voitures qui se garent actuellement (375) pour juger de la viabilité du projet qui n’apporte que 25 places effectives de parking en plus. J’espère que la seule excuse des rédacteurs du tract est la précipitation.

Enfin, nous souhaitons mettre en lumière certains faits concernant la sécurité. La ville de Yerres compte aujourd’hui plus de 100 caméras en activité (nous nous en remettons à M. le Maire pour nous donner le compte exact, car elles ne sont pas aussi faciles à compter que des places de parking) et malgré cela, depuis deux ans, il y a eu plus d’une quinzaine de braquages en centre-ville pour lesquels elles n’ont rien apporté. Qu’est-ce que cet état de fait nous dit-il ? Tout d’abord que la vidéosurveillance n’est pas l’alpha et l’oméga de la sécurité publique.

Une caméra n’empêche pas une personne mal intentionnée dans attendre une autre dans un coin sombre d’un parking. Au mieux, si l’opérateur voit l’agression, elle permet d’intervenir rapidement, mais le cas est rare. Souvent, au mieux, elle permet d’identifier l’agresseur, mais même cela –comme le prouve les braquages du centre ville– n’arrive pas souvent et il est de toutes les façons trop tard : le mal est fait.

Il faut également dire que l’efficacité de la vidéosurveillance est conditionnée par le nombre de professionnels présents derrière les caméras qui, pour la plupart, bougent en permanence et donc ne peuvent pas tout voir. Aujourd’hui il y a dans notre ville, en permanence seulement une à deux personnes qui surveillent plus de 100 caméras (soit 6 en tout puisque la surveillance est faite 24h/24). Est-ce pour cela qu’il a été dit au conseil de quartier des Tournelles qu’il était prévu d’embaucher 6 personnes de plus pour la sécurité du nouveau projet ? Tout ceci mériterait au moins d’être présenté, expliqué et débattu.

Cela permettrait peut-être également d’avoir une idée plus précise du budget de fonctionnement lié à ce nouveau projet.

À ce propos, nous avons été ravis d’apprendre que M. le Maire avait demandé la gratuité de ce parking pour les possesseurs d’un pass Navigo, c’est une idée qui va dans le bon sens si elle peut aboutir.

En tous les cas, cette demande faite au Syndicat des Transports d’Île-de-France prouve que tout n’est pas encore ficelé. C’est donc d’autant plus important qu’un vrai débat ait lieu maintenant avec, sur la table, les options prises, les budgets précis d’investissement et de fonctionnement prévus, etc.

Chaque Yerrois doit savoir ce qu’un tel projet lui apportera et lui coûtera.

Dans cet esprit, et même si nous sommes en profond désaccord avec l’argumentation avancée dans le tract de M. le Maire et de ses élus, nous en avons réalisé un fac-similé numérique que vous retrouverez sur notre page de téléchargement.

Téléchargez donc ce tract, nos autres documents, les études faites par le passé sur ce projet et les articles à venir et voyez ce que vous en pensez.

Que le débat commence, nous n’attendons que cela !

Encore un conseil de quartier animé …. sur le projet de la gare

Réunion publique gare concy godeaux

Ce soir s’est déroulé le conseil du quartier Gare-Concy-Godeaux auquel étaient présents, de nombreux yerrois, dont des commerçants de notre centre ville. Une grande partie de la salle était désappointée avec une sensation désagréable d’un projet complètement bouclé pour lequel la concertation n’est qu’un mot vide de sens.

Encore une fois, les chiffres et les arguments développés étaient souvent erronés ou peu précis, comme le nombre annoncée de places à la gare (cf. article sur le parking) 280 places au lieu des 313 supprimées par le projet alors que 375 voitures s’y garent chaque jour ! ou l’étude de trafic encore demandée par un yerrois, : demande restée sans réponse…. ou le nouveau « petit giratoire » prévu, qui ne pourra se réaliser qu’à la condition que le propriétaire de la maison située à l’angle, rue de Concy vende sa maison !

La grande question que toute la salle se posait : pourquoi mettre un centre Leclerc à la gare ? Et cela au risque de tuer nos commerces de proximité ! Nous n’avons toujours pas eu de réponse convaincante. Surtout lorsque l’étude commerciale commanditée par la ville en 2005 (cabinet AID) privilégie (++) clairement un programme moins ambitieux avec une supérette et quelques commerces car une nouvelle moyenne surface, de part la proximité de la moyenne surface existante, la mettra en péril et que c’est en centre ville que l’on préconise de développer les commerces d’équipements à la personne et de la maison pour équilibrer l’ensemble. Alors oui en 2005 94% des yerrois allaient acheter leurs vêtements ou décoration à l’extérieur de Yerres, mais ils continueront à la faire, à cause de l’attractivité des pôles existants en ile-de-france contre laquelle on ne peut pas lutter. Mais en alimentaire l’évasion commerciale est bien plus faible (60%) et c’est l’offre nombreuse à Montgeron, Boussy ou Brunoy qui joue dans ce cas là.

Alors pourquoi la mairie qui s’appuie à chaque réunion sur le pourcentage d’évasion commerciale sur la ville issue de cette étude de 2005,  passe étrangement sous silence tout le reste de cette étude pourtant très claire ! Pour vous faire une idée par vous même, vous pouvez télécharger l'étude commerciale ici.

On nous rétorque que si l’on supprime le Leclerc, le projet n’est plus équilibré financièrement ! C’est faux. Un projet d’aménagement comme celui-ci se construit avec un bilan financier dépenses – recettes que l’on peu faire varier. Si on supprime des commerces pour ne garder q’une supérette, quelques commerces non concurrentiels et une brasserie, alors il faut ajouter par exemple des logements dont la vente équivaudrait à la diminution des commerces.

Monsieur François Durovray, a alors expliqué que cette surface en arrière de la rue de Concy ne peut être remplacée : c’est encore faux ! Il y a toujours des solutions, comme de remonter une partie du parking en sous-sol afin qu’il coûte moins cher et retrouver une partie de bâtiment ailleurs…. C’est toujours une question de contraintes, d’aménagement et d’options qui bougent…… Et lorsque l’on affirme mettre tout en oeuvre pour concerter, alors il faut aussi envisager la possibilité de remettre le projet en question et pas seulement à la marge !

Gardons notre douceur de vivre.